Bokashi
Des restes ou des matières organiques fermentés avec un inoculum de micro-organismes : un seau de cuisine, ou un amendement agricole.
Explication
Le mot désigne deux pratiques voisines. À la maison, c'est un seau hermétique où les restes de repas fermentent à l'abri de l'air, avec un son inoculé de bactéries et de levures ; il en sort un précompost, qu'on enfouit dans le sol ou qu'on finit au compost (université d'État de Washington, service d'extension du comté de Kitsap). À la ferme, c'est un amendement organique fabriqué avec une source de carbone facile à assimiler pour les microbes et un inoculum microbien, dont Quiroz & Céspedes (2019) passent en revue la fabrication et l'usage, en le comparant au compost.
Définition affinée
Le bokashi n'est pas du compost, même s'il finit au même endroit : le seau fonctionne par fermentation, à l'abri de l'air, là où le compostage classique décompose les matières au contact de l'air. Côté agricole, la revue de Quiroz & Céspedes (2019), parue dans le Journal of Soil Science and Plant Nutrition, relève que les résultats sur l'accélération de la minéralisation par l'inoculum sont contradictoires, et que peu d'études relient l'azote du bokashi au rendement des cultures.
Points clés
Le seau de cuisine
On dépose les restes dans le seau, on les couvre de son inoculé et on referme : le couvercle doit être hermétique, sinon les restes pourrissent au lieu de fermenter (voir le guide Compostage avancé). Le seau accepte aussi viande, produits laitiers et plats cuisinés. Une fois la fermentation faite, on enfouit le contenu dans une planche ou on le mêle au compost, où il se décompose en quelques semaines (WSU Extension).
L'amendement agricole
Selon Quiroz & Céspedes (2019), la teneur en azote du bokashi dépend d'abord de ses matières premières : pour un bokashi riche en azote, il faut des matières riches en azote et une dose plus forte de la source de carbone facile à assimiler. Les auteurs le comparent au compost, pris comme amendement de référence.
Ce qui reste à démontrer
Que l'inoculum accélère la minéralisation de la matière organique : les résultats sont contradictoires, et les interactions entre les micro-organismes apportés et ceux du sol restent à comprendre. Que l'azote du bokashi se traduise en rendement : peu d'études l'ont évalué, seul ou combiné à d'autres pratiques (Quiroz & Céspedes, 2019).
À surveiller
- • Attendre avant de semer ou de planter là où l'on a enfoui le contenu du seau : le guide Compostage avancé conseille deux semaines.
- • Un inoculum n'est pas une garantie : la revue de 2019 juge contradictoires les résultats sur son pouvoir d'accélérer la minéralisation.
Exemples
- • Seau bokashi sous l'évier d'un appartement, vidé dans une jardinière ou au compost
- • Restes de viande et de plats cuisinés, fermentés avant d'aller au sol
- • Bokashi agricole fabriqué à la ferme, comparé au compost dans les essais
Sources
- Quiroz, M. & Céspedes, C. (2019). Bokashi as an amendment and source of nitrogen in sustainable agricultural systems: a review. Journal of Soil Science and Plant Nutrition, 19(1), 237-248.