Bois raméal fragmenté (BRF)
Des rameaux de faible diamètre, broyés, apportés au sol en paillage ou mêlés à sa surface pour nourrir sa vie.
Explication
Le BRF est fait de rameaux de faible diamètre, broyés. La technique est née au Canada et vise à rapprocher le sol cultivé d'un sol forestier ; les recommandations portent surtout sur des rameaux de moins de 7 cm de diamètre (Barthès, Manlay & Porte, 2010, revue parue dans Cahiers Agricultures). Le mot désigne à la fois le matériau et la technique. Épandu en paillage ou mêlé aux premiers centimètres du sol, il stimule l'activité biologique et enrichit le sol en matière organique ; enfoui, il peut d'abord pénaliser la culture qui suit, surtout en sol sableux.
Définition affinée
La revue de Barthès et al. (2010) rassemble les essais publiés, en climat tempéré et tropical, dont les résultats sont statistiquement significatifs. Le BRF y a généralement un effet positif sur le rendement, sauf pour la culture qui suit immédiatement un premier enfouissement en sol sableux. Surtout en paillage, il améliore l'humidité, la porosité et la structure du sol, l'enrichit en matière organique, stimule son activité biologique et accroît la disponibilité des nutriments à moyen terme. La revue range à part, parmi les pratiques voisines, les paillages de copeaux de bois qui ne viennent probablement pas de rameaux.
Points clés
La baisse de la première année
Sur un sol sablo-graveleux du Canada, les rendements ont baissé la première année après l'enfouissement de BRF (blé), puis ont été le plus souvent supérieurs à ceux du témoin les années suivantes. Les auteurs de la revue expliquent cette baisse par une immobilisation de l'azote par la microflore du sol (ce qu'on appelle au jardin la « faim d'azote »), qu'un apport d'azote, minéral ou organique, peut compenser ; l'immobilisation est plus forte avec du BRF frais qu'avec du BRF composté. En paillage, même sur sol sableux, l'effet sur le rendement a été positif dès la première culture : un résultat obtenu en climat tropical, qui reste à confirmer en climat tempéré (Barthès et al., 2010).
Ce que la revue ne permet pas de dire
Les effets varient avec l'essence utilisée et les modalités d'apport (dose, fréquence, taille des fragments), et les résultats disponibles ne permettent guère de recommandations précises. L'intérêt du BRF par rapport aux amendements non ligneux est mal documenté, et celui d'un BRF riche en azote, issu de légumineuses, n'est pas avéré (Barthès et al., 2010).
À surveiller
- • Enfouir du BRF juste avant une culture, surtout en sol sableux, expose à une récolte en baisse faute d'azote : compenser par un apport d'azote, ou préférer le paillage, qui a donné de meilleurs résultats dès la première culture dans les essais tropicaux (Barthès et al., 2010).
- • Des extraits de BRF frais de feuillus et de résineux ont réduit la germination du cresson, un effet atténué après compostage (Beauchemin et al., 1992, cités par Barthès et al., 2010) : par prudence, on n'en couvre pas les semis.
Exemples
- • Paillage de BRF au pied des arbustes et des fruitiers
- • Rameaux de taille de haie broyés, de moins de 7 cm de diamètre
- • BRF étalé sur une planche au repos, bien avant de la cultiver
Sources
- Barthès, B.G., Manlay, R.J. & Porte, O. (2010). Effets de l'apport de bois raméal sur la plante et le sol : une revue des résultats expérimentaux. Cahiers Agricultures, 19(4), 280-287.