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Dans le parcours : Eau et sol vivant

Biochar

Charbon végétal poreux utilisé comme amendement durable du sol.

Gros plan de biochar : fragments de charbon végétal noir.

Le biochar : un charbon végétal poreux, incorporé au sol pour retenir l'eau et les éléments nutritifs et abriter la vie microbienne.

Photo : Oregon Department of Forestry · CC BY 2.0 · source

Regarder en vidéoLe biochar, un amendement durableRadio-Canada Info

Explication

Obtenu par pyrolyse (combustion sans oxygène), le biochar améliore la rétention d'eau, abrite la microfaune, stocke du carbone à long terme. Doit toujours être chargé en nutriments (compost, urine, purin) avant épandage, sinon il appauvrit temporairement le sol. Inspiré de la terra preta amazonienne, sol noir anthropique formé par les peuples précolombiens entre 500 av. et 1500 apr. J.-C.

Définition affinée

Le biochar (mot-valise de « bio » et « charcoal ») est un charbon végétal produit par pyrolyse contrôlée, chauffage à 350-700 °C en l'absence d'oxygène. Sa structure micro-poreuse offre une surface spécifique énorme (jusqu'à 500 m²/g) qui héberge bactéries et champignons, retient l'eau et les nutriments. Le carbone qu'il contient est aromatique condensé, stable sur des siècles voire millénaires dans le sol, d'où son intérêt comme moyen de séquestration carbone.

Points clés

  • Origine : la terra preta amazonienne

    Découverte par les chercheurs européens au XIXᵉ siècle, la terra preta do índio (« terre noire de l'indien ») est un sol noir profond observé dans plusieurs régions d'Amazonie. Datation : entre 500 av. J.-C. et 1500 apr. J.-C., production anthropique par les peuples indigènes amazoniens (combinaison de charbon végétal, déchets organiques, poteries cassées). Encore aujourd'hui, ces sols restent extraordinairement fertiles. Source : Bruno Glaser et al. (2001), Naturwissenschaften ; Johannes Lehmann, Biochar for Environmental Management, 2009.

  • Méthode de production maison

    Petit four à pyrolyse type « TLUD » (Top-Lit UpDraft) ou méthode de la fosse en kon-tiki : fagot de bois dense (chêne, châtaignier, pas de résineux qui dégagent trop d'huiles), allumage par le haut, étouffement à mi-combustion. Charbon obtenu : 20-30 % de la masse de bois initiale. À broyer en éclats <2 cm avant utilisation. Source : Albert Bates, The Biochar Solution, 2010.

  • Charger avant épandage

    Le biochar pur appauvrit temporairement le sol (il absorbe les nutriments disponibles). À « charger » avant épandage : 1) mélanger à part égale avec compost mûr et laisser 2-4 semaines, OU 2) tremper dans purin d'ortie dilué, OU 3) arroser d'urine pendant 1 semaine. Une fois chargé, l'épandre et l'incorporer dans les 20 premiers centimètres, à dose modérée.

À surveiller

  • • Ne PAS faire de biochar à partir de bois traité, peint, ou de palettes industrielles, risque de contamination.
  • • Ne PAS épandre de biochar pur (non chargé) sur un sol, risque de faim d'azote temporaire et d'inhibition.
  • • L'effet du biochar varie ÉNORMÉMENT selon le type de sol : marqué sur sols pauvres tropicaux et sols sableux dégradés, faible sur sols européens déjà riches en matière organique.

Exemples

  • • Charger 2-4 semaines dans du compost ou purin
  • • Sols sableux : meilleure rétention
  • • Sols acides dégradés : bénéfice marqué
  • • Stockage de carbone durable (500+ ans dans le sol)
  • • Terra preta amazonienne : 1500-2500 ans de fertilité

Sources

  • Glaser, B., Haumaier, L., Guggenberger, G. & Zech, W. (2001). The 'Terra Preta' phenomenon: a model for sustainable agriculture in the humid tropics. Naturwissenschaften, 88(1), 37-41.
  • Lehmann, J. & Joseph, S. (dir.) (2009). Biochar for Environmental Management: Science and Technology. Londres : Earthscan.
  • Bates, A. (2010). The Biochar Solution: Carbon Farming and Climate Change. Gabriola Island : New Society Publishers.