Purin
Macération fermentée de plantes, employée surtout comme fertilisant liquide.
Explication
Les plantes sont fermentées dans l'eau pendant 1 à 3 semaines puis filtrées et diluées. On leur prête des vertus fertilisantes et répulsives que les essais français confirment mal : contre pucerons, limaces et altises, au mieux un léger retard d'infestation des pucerons, vite effacé par les auxiliaires (SNHF, 2012). Tradition paysanne européenne ancienne, codifiée au XXᵉ siècle par Eric Petiot et Bernard Bertrand (Éditions de Terran).
Définition affinée
Le purin (parfois appelé « extrait fermenté de plante ») est obtenu par macération anaérobie de plantes dans de l'eau de pluie pendant 1 à 3 semaines (selon plante et température). La fermentation dégrade les structures végétales et libère les minéraux, vitamines et composés actifs. Filtré et dilué au 10ᵉ ou 20ᵉ pour pulvérisation ou arrosage. À distinguer de la décoction (cuisson courte), de la macération (à froid sans fermentation) et de l'infusion (eau bouillante versée sur les plantes).
Points clés
Trois grands classiques
Purin d'ortie : employé traditionnellement pour stimuler la croissance des feuilles ; analysé seul, il contient pourtant peu d'azote assimilable, et les essais français n'ont montré d'effet net ni comme engrais ni contre les maladies des légumes (SNHF, 2012). Dilution 1/10 pour arrosage, 1/20 pour pulvérisation. Purin de consoude : riche en potassium, employé traditionnellement pour soutenir floraison et fructification. Dilution 1/10. Purin de prêle (Equisetum arvense) : riche en silice, employé en préventif contre mildiou et oïdium ; en France, les essais ne lui ont trouvé une certaine efficacité, associé au cuivre, que sur la vigne, et aucune sur les maladies des légumes testés (SNHF, 2012). Dilution 1/5 en pulvérisation. Sources : Eric Petiot, Purins d'ortie et compagnie, Éditions de Terran, 2007 ; Bernard Bertrand, Purins d'ortie & compagnie, 2003.
Purin ou compost ?
Ne pas confondre les deux : le purin s'emploie comme un ENGRAIS liquide, un coup de pouce donné à la plante (ortie traditionnellement pour le feuillage, consoude pour fleurs et fruits), même si les essais français lui trouvent très peu d'azote assimilable et pas d'effet net (SNHF, 2012) ; le compost est un AMENDEMENT qui nourrit et améliore le sol sur la durée (structure, humus, vie du sol). L'un se veut un coup de fouet ponctuel, l'autre construit la fertilité de fond. Sources : Dominique Soltner, Les bases de la production végétale ; Bertrand, Collaert & Petiot, Purin d'ortie & Cie (Éditions de Terran).
Méthode de préparation
1 kg de plante fraîche pour 10 L d'eau de pluie (pas d'eau du robinet : le chlore inhibe la fermentation). Récipient en plastique ou bois, jamais en métal. Couvrir mais pas hermétiquement (gaz). Remuer tous les 2 jours. Fin de fermentation : quand l'odeur devient nauséabonde et qu'il n'y a plus de bulles à la surface (8-15 jours selon température). Filtrer et conserver à l'abri de la lumière, dans des bouteilles bouchées, se garde 1 an.
Statut réglementaire en France
Le purin d'ortie a fait l'objet d'une polémique en 2006 (DGCCRF avait menacé d'interdire sa commercialisation). Aujourd'hui : usage personnel et non-commercial libre. Pour la vente, l'« utilisation comme préparation naturelle peu préoccupante » (PNPP) est encadrée par l'arrêté du 27 avril 2016. Plus de 30 PNPP sont autorisées dont les extraits d'ortie, consoude, prêle.
À surveiller
- • Le purin de prêle s'emploie en préventif, jamais sur une attaque déclarée, et son efficacité sur les maladies des légumes n'a pas été confirmée en essais (SNHF, 2012).
- • Ne JAMAIS utiliser de purin à haute dose sur jeunes plants ou cultures fragiles : risque de brûlure foliaire. Toujours diluer.
- • Odeur très forte, préparer loin des habitations. Certaines collectivités interdisent la fabrication en jardins partagés pour cette raison.
Exemples
- • Purin d'ortie (usage traditionnel : croissance du feuillage)
- • Purin de consoude (potassium, usage traditionnel : fruits et fleurs)
- • Purin de prêle (silice, usage préventif, efficacité non confirmée au potager)
- • Purin de fougère (usage traditionnel contre les ravageurs, efficacité non confirmée en essais)
- • Purin de tanaisie (usage traditionnel, à employer avec modération : contient des thuyones)
Sources
- SNHF, Conseil scientifique (2012). Protection des plantes, tradition et macération d'ortie. Société nationale d'horticulture de France (jardiner-autrement.fr).
- Bertrand, B., Collaert, J.-P. & Petiot, É. Purin d'ortie et compagnie : les plantes au secours des plantes. Éditions de Terran.
- Soltner, D. (2000). Les bases de la production végétale, tome 1 : le sol et son amélioration. Sciences et techniques agricoles.