Auxiliaire
Un être vivant qui aide les cultures, surtout en limitant les ravageurs : prédateurs et parasitoïdes, leurs ennemis naturels.
Explication
Coccinelle, chrysope, carabe, guêpe ichneumon : « auxiliaire » désigne un rôle, pas un groupe d'espèces. En protection des cultures, ce sont les ennemis naturels des ravageurs : des prédateurs, qui chassent ou piègent leurs proies, et des parasites ou parasitoïdes, qui accomplissent leur développement aux dépens des ravageurs (Ephytia, INRAE). Permagora range à part les pollinisateurs, et compte parmi les auxiliaires quelques alliés du sol comme le lombric. Au jardin, l'essentiel est de les accueillir : leur offrir le gîte et le couvert, c'est la lutte biologique par conservation.
Définition affinée
Un auxiliaire limite la population d'un bio-agresseur (insecte, acarien, limace) de deux grandes façons. Le prédateur chasse des proies pour se nourrir ou nourrir ses larves. Le parasitoïde vit sur ou dans le corps de son hôte, dont il tire sa nourriture pendant une partie de son développement, ce qui entraîne la mort de l'hôte (Ephytia, INRAE). Son rôle est de réguler, pas d'éradiquer : il a besoin de ses proies pour rester.
Points clés
Prédateurs et parasitoïdes du jardin
PRÉDATEURS : la coccinelle, adulte comme larve, et la larve de chrysope mangent des pucerons ; le carabe chasse la nuit, au sol, limaces, escargots, œufs et chenilles tombées ; la petite punaise Orius s'attaque aux thrips et aux acariens. PARASITOÏDES : la femelle d'une guêpe ichneumon pond dans ou sur une chenille, une larve ou une nymphe de ravageur, que sa larve dévore de l'intérieur ; le minuscule trichogramme pond dans les œufs de papillons ravageurs. Les fiches de ces auxiliaires donnent leurs sources.
Le gîte et le couvert
Landis, Wratten & Gurr (2000), dans l'Annual Review of Entomology, décrivent comment aménager l'habitat pour conserver ces ennemis naturels : leur fournir de la nourriture pour les adultes, des proies ou des hôtes de substitution, et des abris contre les conditions défavorables. Au jardin, cela passe par des fleurs du printemps à l'automne, des haies, des bandes d'herbe laissées hautes, des tas de pierres ou de bois.
Garder des proies
Pour durer, un auxiliaire doit trouver de quoi vivre, y compris quand le ravageur visé manque. C'est pourquoi Landis et ses collègues comptent les proies et les hôtes de substitution parmi les ressources à offrir ; les plantes-relais en sont une application au jardin.
À surveiller
- • « Auxiliaire » et « ravageur » décrivent un rôle, pas une nature : le perce-oreille, utile contre les pucerons et les acariens, peut aussi grignoter fleurs, salades et fruits mûrs quand il pullule.
- • Certains auxiliaires s'achètent, surtout pour les serres (la punaise Orius, par exemple). Au jardin ouvert, leur maintien dépend des mêmes ressources que celui des auxiliaires spontanés : nourriture, proies, abris.
Exemples
- • Coccinelle et larve de chrysope : prédatrices de pucerons
- • Guêpe ichneumon : parasitoïde de chenilles
- • Carabe : chasseur nocturne de limaces
- • Bordure fleurie, haie, tas de bois : le gîte et le couvert
Sources
- Landis, D.A., Wratten, S.D. & Gurr, G.M. (2000). Habitat management to conserve natural enemies of arthropod pests in agriculture. Annual Review of Entomology, 45, 175-201.
- INRAE, Ephytia (ephytia.inrae.fr)