Macérat huileux de consoude
On l'appelait « knit-bone » dans les campagnes anglaises, la plante qui ressoude les os. La consoude n'a pas vraiment ce pouvoir, mais elle est traditionnellement employée pour soutenir la réparation des tissus, et des données cliniques en usage externe soutiennent son intérêt.
La consoude (Symphytum officinale) est une plante vulnéraire traditionnelle de la flore européenne. Ses racines et ses feuilles renferment de l'allantoïne. Le macérat huileux s'emploie traditionnellement en usage externe, en cataplasme et massage doux, sur les entorses, les hématomes et les contusions ; des crèmes et pommades à la consoude, et non des macérats maison, ont été évaluées en clinique sur les entorses et les contusions (revue de Staiger, 2012). Une préparation qui exige des précautions strictes : USAGE EXTERNE UNIQUEMENT, sur peau intacte.
Ingrédients
- Feuilles de consoude fraîches ou racines séchées1 bocal rempli au 2/3 de feuilles
feuilles avant floraison (mai-juin), bien lavées et essuyées
- Quantité suffisante pour recouvrir
Matériel
- •1 bocal en verre transparent
- •1 étamine épaisse (la consoude est très visqueuse)
- •1 flacon en verre teinté pour la conservation
Étapes
- 1
Faire flétrir les feuilles
C'est crucial : les feuilles fraîches de consoude contiennent jusqu'à 80 % d'eau, qui ferait moisir l'huile. Lave-les, essuie-les soigneusement, puis étale-les sur un linge propre 48 h à l'ombre, elles doivent perdre la moitié de leur volume et devenir caoutchouteuses sans noircir.
48 h
- 2
Hacher et tasser
Hache les feuilles flétries grossièrement (1 cm de côté). Tasse-les dans le bocal jusqu'au 2/3. Recouvre entièrement d'huile d'olive en chassant les bulles. La consoude libère beaucoup de mucilage : l'huile peut épaissir, c'est normal.
10 min
- 3
Macérer 4 semaines
Place le bocal au soleil ou dans un endroit chaud. Secoue chaque jour. Au bout de 2 semaines, l'huile prend une couleur verte profonde. Continue jusqu'à 4 semaines complètes.
4 semaines
- 4
Filtrer soigneusement
Filtre à travers une étamine épaisse (la consoude est très mucilagineuse, le filtrage peut prendre du temps). Presse doucement. Laisse décanter 48 h puis transvase dans un flacon teinté en laissant le dépôt au fond.
1 h + 48 h
Conservation
8 mois au frais et à l'abri de la lumière. Si une odeur âcre apparaît, jeter.
Comment l'utiliser
USAGE EXTERNE STRICT, sur peau saine ou cicatrice fermée uniquement. En massage doux sur entorses (après la phase inflammatoire aiguë), contusions, hématomes, articulations douloureuses. Ne jamais appliquer sur plaie ouverte. Quelques gouttes massées 2 à 3 fois par jour pendant 7 à 10 jours.
Propriétés santé
- Allantoïne (composé également utilisé en cosmétique conventionnelle) ; la consoude est traditionnellement employée pour soutenir la réparation des tissus
- Rosmarinique et tanins : action astringente
- Mucilages : adoucissent et apaisent la peau
- Traditionnellement utilisée pour les entorses, foulures, contusions, l'ESCOP confirme l'usage externe
- En usage externe, réduction des œdèmes et hématomes superficiels mesurée dans des études cliniques sur des crèmes et pommades à la consoude (revue de Staiger, 2012)
Ces préparations relèvent de la cuisine et de la tradition herboriste : elles nourrissent et accompagnent, ne « soignent » rien et ne remplacent aucun traitement. Demande conseil à un médecin ou un pharmacien avant un usage prolongé, en cas de traitement, de grossesse ou d'allaitement, ou pour un enfant. Respecte scrupuleusement les précautions de conservation indiquées.
Précautions
USAGE EXTERNE UNIQUEMENT. Jamais en ingestion sous aucune forme : la consoude contient des alcaloïdes pyrrolizidiniques hépatotoxiques. Ne jamais appliquer sur plaie ouverte (les alcaloïdes peuvent passer la barrière cutanée par voie systémique). Déconseillé chez la femme enceinte et allaitante, et chez l'enfant de moins de 12 ans, même en externe. Durée d'application limitée à 10 jours consécutifs, puis pause d'au moins 1 mois, au total, ne pas dépasser 4 à 6 semaines cumulées par an. AVANT LA FLORAISON, la rosette de consoude ressemble à celle de la digitale pourpre (Digitalis purpurea), MORTELLE (troubles du rythme cardiaque) : ne récolter que des pieds formellement identifiés, feuille de consoude rêche et rugueuse (poils accrochants), décurrente (elle se prolonge le long de la tige) ; feuille de digitale douce et veloutée. Au moindre doute, attendre la floraison (clochettes). Ne pas confondre non plus avec d'autres Boraginacées toxiques (cynoglosse, vipérine).
Sources & tradition
- · ESCOP Monographs, Symphyti radix
- · Commission E allemande, usage externe approuvé pour la consoude
- · Staiger C., Comfrey: A Clinical Overview (Phytotherapy Research, 2012)
- · Cazin, Traité pratique des plantes médicinales indigènes (1868)