Dans le parcours : Approches régénératives avancées
Agroforesterie
Association d'arbres, d'arbustes, de cultures et parfois d'élevage dans un même système.

L'agroforesterie associe arbres et cultures sur une même parcelle, ici du coton cultivé en couloirs entre des rangées de pins.
Explication
L'agroforesterie combine production agricole et arborée pour améliorer les sols, créer des corridors écologiques, produire de la biomasse et apporter ombre et résilience. Existe en alignements, parcs, sylvopastoralisme ou forêts-jardins. Pratique traditionnelle (bocages, prés-vergers, dehesa espagnole) redécouverte et formalisée par l'INRAE et l'AFAF (Association Française d'Agroforesterie) depuis les années 1990.
Définition affinée
L'agroforesterie regroupe tous les systèmes agricoles intégrant des arbres avec des cultures ou de l'élevage sur la même parcelle, simultanément ou en succession. Elle se distingue de la sylviculture (arbres seuls) et de l'agriculture classique (cultures seules). Les services rendus par les arbres : ombre fonctionnelle, fixation d'azote (légumineuses ligneuses), récupération d'une partie de l'azote entraîné sous les racines des cultures (rôle de « filet de sécurité » des racines d'arbres, Allen et al., 2004), brise-vent, captation de carbone, refuge pour auxiliaires.
Points clés
Les grandes formes
ALIGNEMENTS INTERPARCELLAIRES : rangées d'arbres espacées de 20-40 m dans champs céréaliers, typique des fermes INRAE Restinclières (Hérault). PRÉS-VERGERS : arbres fruitiers en prairie pâturée, tradition européenne. SYLVOPASTORALISME : élevage sous couvert arboré, dehesa espagnole (chênes verts + porcs), bocages bretons. FORÊT-JARDIN : version la plus dense, multi-strates, pour potager familial, voir concept Strate.
Bénéfices documentés
Un hectare associant arbres et céréales peut produire autant qu'environ 1,3 hectare où les mêmes céréales et les mêmes arbres seraient cultivés séparément : c'est la mesure, sur 13 ans, d'une association de peupliers et de blé dur (Dupraz et al.), reprise par l'INRA en 2013. La récolte de céréales y baisse, de moitié sur le cycle dans cette mesure : le gain vient du bois produit en plus. Réduction de l'érosion ; stockage de carbone réel mais très variable selon la densité et l'âge des arbres. Sources : Metay A., Butault J.-P., Bamière L., dans Pellerin S. et al., Quelle contribution de l'agriculture française à la réduction des émissions de gaz à effet de serre ?, INRA, 2013 ; Dupraz C., Liagre F., Agroforesterie : des arbres et des cultures, France Agricole, 2008.
À surveiller
- • Engagement long terme : les arbres mettent de longues années à donner leur bois ou leurs fruits, une durée à anticiper, en particulier sur une terre louée.
- • Choisir essences adaptées au climat ET à l'usage (bois d'œuvre, fruits, biomasse), le noyer commun est exemplaire en agroforesterie céréalière.
Exemples
- • Alignements arbres + céréales (INRAE Restinclières)
- • Sylvopastoralisme (dehesa, bocages)
- • Pré-verger européen traditionnel
- • Forêt-jardin comestible (Hart, Crawford)
- • Bandes ligneuses anti-érosion
Sources
- Allen, S.C. et al. (2004). Safety-net role of tree roots: evidence from a pecan (Carya illinoensis K. Koch)-cotton (Gossypium hirsutum L.) alley cropping system in the southern United States. Forest Ecology and Management, 192(2-3), 395-407.
- Dupraz, C. & Liagre, F. (2008). Agroforesterie : des arbres et des cultures. Paris : France Agricole.
- Pellerin, S. et al. (2013). Quelle contribution de l'agriculture française à la réduction des émissions de gaz à effet de serre ? Potentiel d'atténuation et coût de dix actions techniques. Paris : INRA.