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Strate

Niveau de végétation dans un jardin-forêt : grand arbre, petit arbre, arbuste, herbacée, couvre-sol, racinaire, grimpante.

Regarder en vidéoComment créer un micro jardin-forêt productifPermaculture Design

Explication

L'empilement vertical des strates utilise l'espace en hauteur et imite la structure d'une forêt naturelle. Concept central de la forêt-jardin (forest gardening) théorisé par Robert Hart en Angleterre dans les années 1980, puis développé par Patrick Whitefield, Martin Crawford (Creating a Forest Garden, 2010) et Toby Hemenway.

Définition affinée

Les strates désignent les niveaux verticaux de végétation d'un écosystème. Robert Hart décrivait sept étages dans sa forêt-jardin de Wenlock Edge (Hart, Forest Gardening) ; d'autres praticiens y ajoutent une strate aquatique et une strate fongique (Kitsteiner, 2013). En forêt naturelle, ces strates coexistent par adaptation à la lumière disponible, celles du dessous tolèrent l'ombre des dessus. En forêt-jardin, on les choisit pour leur complémentarité productive : fruits hauts, baies moyennes, légumes vivaces bas, racines, grimpantes utiles.

Points clés

  • Les 7 strates classiques

    1. CANOPÉE : grands arbres fruitiers (noyer, châtaignier, pommier sur franc). 2. STRATE BASSE D'ARBRES : fruitiers et arbres à noix plus petits, souvent sur porte-greffe nanisant (poirier nain, prunier, pommier sur porte-greffe, noisetier). 3. ARBUSTES À PETITS FRUITS : groseillier, framboisier, cassissier. 4. HERBACÉES VIVACES : consoude, oseille perpétuelle, chou perpétuel. 5. COUVRE-SOL : fraisier, trèfle, capucine. 6. RACINAIRE : pissenlit, topinambour, panais. 7. GRIMPANTE : kiwi, vigne, houblon. Les hauteurs dépendent du lieu et des porte-greffes : on raisonne par étage relatif plutôt qu'en mètres. Certains praticiens ajoutent 8. AQUATIQUE et 9. FONGIQUE (Kitsteiner, 2013).

  • Pourquoi ça marche : la lumière étagée

    En forêt, chaque étage utilise une partie de la lumière laissée par les étages du dessus. Au jardin, on choisit donc pour les étages inférieurs des plantes qui tolèrent l'ombre des strates supérieures.

  • L'effet de bord et la lisière

    Les zones de transition entre milieux (lisière forêt/prairie, bord d'eau, sortie de canopée) mêlent les conditions de deux milieux et accueillent souvent une grande diversité d'espèces. Mollison en fait un principe de conception, l'« edge effect » ; son effet réel varie selon les espèces (Ries et al., 2004). En forêt-jardin, on multiplie volontairement ces bords par des découpages, des trouées, des courbes plutôt que des bordures rectilignes.

À surveiller

  • • Une forêt-jardin demande plusieurs années pour se mettre en place, patience nécessaire. Première année : choc esthétique d'un terrain « en chantier ».
  • • Adaptée surtout aux climats tempérés humides. En climat méditerranéen sec, adapter avec des espèces tolérantes à la sécheresse et des distances plus grandes entre arbres.
  • • Sources principales : Robert Hart, Forest Gardening, Green Books, 1996 ; Martin Crawford, Creating a Forest Garden, Green Books, 2010 ; Toby Hemenway, Gaia's Garden, Chelsea Green, 2009.

Exemples

  • • Strate canopée : châtaignier, pommier sur franc
  • • Strate basse d'arbres : prunier nain, poirier nain, noisetier
  • • Strate arbustive : groseillier, framboisier
  • • Strate herbacée vivace : consoude, oseille perpétuelle
  • • Couvre-sol : trèfle, fraisier
  • • Strate grimpante : kiwi, vigne

Sources

  • Hart, R. (1996). Forest Gardening: Cultivating an Edible Landscape (2e éd.). Totnes : Green Books.
  • Crawford, M. (2010). Creating a Forest Garden: Working with Nature to Grow Edible Crops. Totnes : Green Books.
  • Hemenway, T. (2009). Gaia's Garden: A Guide to Home-Scale Permaculture (2e éd.). White River Junction : Chelsea Green.
  • Ries, L., Fletcher, R.J., Battin, J. & Sisk, T.D. (2004). Ecological responses to habitat edges: mechanisms, models, and variability explained. Annual Review of Ecology, Evolution, and Systematics, 35, 491-522.

Voir aussi