Nécrose apicale de la tomate (« cul noir »)

Cul noir (nécrose apicale) : le fond du fruit devient brun-noir, aplati et sec, un trouble physiologique lié à un arrosage irrégulier, non contagieux.
Rôle au jardin
Trouble physiologique (pas une maladie ni un parasite, non contagieux) : le fond du fruit brunit et se dessèche parce que le calcium n'arrive pas régulièrement jusqu'à son extrémité, le plus souvent à cause d'un arrosage en dents de scie.
Fiche pratique
Où on les trouve
Surtout la tomate ; on l'observe aussi sur le poivron, l'aubergine et la courgette (et d'autres courges).
Prévention
Rien à pulvériser ici : tout se joue sur la régularité. Arrose de façon constante, sans alterner sécheresse et gros à-coups d'eau, c'est le calcium qui voyage mal quand la plante a soif puis boit d'un coup. Un bon paillage au pied garde le sol frais et lisse ces variations. Évite l'excès d'azote, qui pousse le feuillage au détriment des fruits. Inutile de courir après les coquilles d'œufs ou le lait : le calcium est le plus souvent déjà présent dans le sol (sauf sol très acide ou pauvre), c'est surtout l'eau qui manque de régularité pour l'y amener.
Signes précoces
Sur les premiers fruits, quand ils ont atteint le tiers ou la moitié de leur taille, une tache d'abord claire et humide apparaît au fond du fruit (à l'opposé de la tige, là où était la fleur). Elle brunit, devient noire, s'aplatit et durcit en une plaque coriace. Pas de duvet ni de pourriture molle au départ : c'est sec et cuir, ce qui le distingue d'une vraie maladie.
Action / lutte
Il n'y a pas de traitement à appliquer, et les fruits déjà touchés ne redeviendront pas sains, mais ils restent comestibles une fois la partie noire retirée. Le vrai geste est de corriger l'arrosage tout de suite : reviens à des apports réguliers et paille le sol. Les fruits suivants, formés dans de meilleures conditions, repartent généralement normaux.
Sources
- Ephytia, INRAE : Tomate, Nécrose apicale sur fruits (trouble physiologique)
- Missouri Botanical Garden : Blossom End Rot of Tomato and Pepper
- University of Maryland Extension : Blossom End Rot on Vegetables
Plantes favorites / ressources
Fiches plantes associées
Tomate
Plante centrale de la guilde de la tomate. Le basilic voisin est réputé gêner les pucerons par ses composés volatils.
Courgette
Cucurbitacée (Cucurbita pepo) à fleurs mâles et femelles séparées sur le même pied, dépendante des abeilles et bourdons pour la pollinisation croisée, d'où l'intérêt des fleurs compagnes à proximité. Semis en godet en avril ou en place après les dernières gelées (mi-mai), en sol riche et bien pourvu en compost. Ses larges feuilles couvrent vite le sol et limitent les adventices ; pailler et arroser au pied (jamais sur le feuillage) freine l'oïdium fréquent en fin d'été. Récolter jeune et régulièrement relance la production.
Poivron
Solanacée légume-fruit gourmande en chaleur comme en fertilité : elle demande un sol riche et une planche bien exposée, aux côtés des cultures d'été. Le basilic, compagnon classique de la tomate comme du poivron, est réputé éloigner certains ravageurs par ses composés aromatiques, tandis que l'œillet d'Inde, en culture dédiée et dense, réduit les nématodes du sol (voir sa fiche) et attire les auxiliaires. Ses fleurs sont visitées par les abeilles et par les syrphes, dont les larves dévorent les pucerons. Comme toute solanacée, on l'inscrit dans une rotation qui évite de la faire suivre tomate ou pomme de terre, pour ne pas concentrer dans le sol les maladies communes à la famille (verticilliose, par exemple). On la tient enfin à l'écart du fenouil, réputé gêner ses voisines.
Aubergine
Solanacée tropicale qui demande beaucoup de chaleur (>20 °C la nuit), souvent cultivée en serre froide dans le nord de la France. À pollinisation vibratoire (buzz) par bourdons, d'où l'intérêt d'attirer ces derniers. Forte demande en eau et nutriments. Contre les nématodes Meloidogyne, l'œillet d'Inde (Tagetes patula) n'agit qu'en culture dédiée et dense sur toute une saison, pas en simple bordure (voir sa fiche).