Feu bactérien
Erwinia amylovora
Rôle au jardin
Maladie bactérienne des rosacées à pépins (pommier, poirier, cognassier) et de plusieurs arbustes d'ornement et de haie (aubépine, cotonéaster, pyracantha, sorbier) : fleurs et rameaux brunissent et se dessèchent comme brûlés, l'extrémité des pousses se recourbe en crosse. Dans l'Union européenne, c'est un organisme réglementé non de quarantaine (ORNQ) depuis 2020 : plus de déclaration ni de lutte obligatoires pour les jardiniers, mais des règles subsistent pour la circulation des plants, et il reste un organisme de quarantaine dans quelques zones protégées (en France, la Corse).
Période d'activité
Infections à la floraison (avril-juin) et sur les pousses tendres en été chaud et orageux
Comment l'attirer / le gérer
Taille sévère et immédiate des parties atteintes avec désinfection des outils ; en cas de doute, la FREDON ou le service régional de protection des végétaux (DRAAF-SRAL) renseigne.
Fiche pratique
Où on les trouve
Pommier, poirier, cognassier, aubépine, cotonéaster, pyracantha, sorbier, néflier, photinia. La bactérie pénètre par les fleurs et les blessures, portée par la pluie, les insectes et les outils.
Prévention
Éviter les haies de cotonéaster, de pyracantha et d'aubépine à proximité des fruitiers dans les zones touchées ; préférer les variétés peu sensibles ; ne pas forcer la végétation à l'azote ; désinfecter les sécateurs entre deux arbres (alcool ou eau de Javel diluée) ; surveiller à la floraison.
Signes précoces
Fleurs qui brunissent et restent accrochées, jeunes pousses qui noircissent en partant de la pointe et se courbent en crosse, feuilles brunes desséchées mais restant sur l'arbre, gouttelettes d'exsudat blanchâtre à ambré par temps humide, chancres sur l'écorce.
Action / lutte
Couper 30 à 50 cm sous la zone visiblement atteinte, par temps sec, en désinfectant l'outil entre chaque coupe, et brûler ou évacuer les déchets (jamais au compost). Arracher les sujets très atteints. Aucun traitement curatif disponible ; le cuivre n'a qu'un effet préventif limité. Depuis 2020, le feu bactérien n'est plus à déclaration obligatoire, mais la FREDON ou la DRAAF-SRAL de ta région peuvent confirmer un diagnostic.
Sources
- DRAAF Pays-de-la-Loire : Erwinia amylovora, feu bactérien (statut ORNQ depuis 2020)
- EPPO : datasheet Erwinia amylovora (2020)
- INRAE, Ephytia : Pomme, Erwinia amylovora (feu bactérien)
Plantes favorites / ressources
Fiches plantes associées
Pommier
Arbre-pivot du verger permacole, le pommier occupe la strate haute et sert d'ossature à toute une guilde étagée en dessous de lui. Sa floraison, tributaire d'une pollinisation croisée, gagne à être entourée de compagnes mellifères (bourrache, phacélie) qui nourrissent abeilles et bourdons. À ses pieds, la consoude fournit une biomasse de paillage riche en potassium, le trèfle blanc fixe l'azote en couvre-sol vivant, tandis que l'ail et la tanaisie tiennent le rôle traditionnel d'aromatiques répulsives. Ainsi entouré, il structure un petit écosystème qui tend vers l'autonomie : sol couvert, pollinisateurs présents et matière organique renouvelée sur place.
Poirier
Strate haute (4-6 m sur cognassier, 8-12 m sur franc). Pollinisation CROISÉE obligatoire : planter 2 variétés compatibles. Vie 50-80 ans. Tanaisie au pied réputée éloigner certains ravageurs (réputation populaire, effet modéré). Consoude en strate basse = paillage riche en potassium. À éloigner des genévriers (Juniperus, surtout J. sabina) : hôte alterne obligatoire de la rouille grillagée du poirier, Gymnosporangium sabinae (RHS ; PNW Pest Management Handbooks).
Aubépine
Arbuste épineux à croissance lente mais très longévive, l'aubépine constitue l'ossature classique des haies champêtres multifonctions : défensive grâce à ses épines, mellifère à la floraison de mai, nourricière à l'automne (cenelles appréciées des oiseaux), et refuge pour la petite faune toute l'année.
Cognassier
Petit arbre rustique et sans prétention, à la belle floraison rose printanière (mellifère) et au fruit doré très parfumé, transformé en gelée, pâte (cotignac) ou compote, jamais mangé cru. Autofertile et de taille modeste, il trouve sa place dans les petits vergers ; il sert aussi de porte-greffe nanisant classique pour le poirier.