Millepertuis
Hypericum perforatum L.
Famille botanique : Hypéricacées
Vivace aux fleurs jaunes ponctuées de glandes, les « perforations » translucides visibles sur les feuilles à contre-jour. Le macérat huileux rouge est traditionnellement appliqué en externe sur brûlures et irritations ; en interne, la plante est réputée soutenir l'humeur et a été étudiée pour les états dépressifs légers à modérés.
Plein soleil
Sec, pauvre, drainé
Modéré, supporte un peu de sécheresse une fois installé
Très rustique
Passe l'hiver dans ta zone
Rôle en permaculture
Vivace des talus et prairies sèches, aux fleurs jaunes solaires. Médicinale majeure (soutien de l'humeur), mais aux interactions médicamenteuses importantes.
Associations
Aucune association compagne n'est documentée pour cette plante : ni voisine recommandée, ni voisine à éviter.
Insectes attirés ou utiles
Saisons & disponibilité
Sommités fleuries récoltées autour de la Saint-Jean (juin-juillet).
Disponible : Janvier, Février, Mars, Avril, Mai, Juin, Juillet, Août, Septembre, Octobre, Novembre, Décembre.
Repères pour climat océanique / tempéré, peut varier selon la région, l'altitude, l'exposition et le mode de culture.
Sources
- Plants For A Future, « Hypericum perforatum » (pfaf.org/user/Plant.aspx?LatinName=Hypericum+perforatum)
- Tela Botanica, « Hypericum perforatum L. » (tela-botanica.org/bdtfx-nn-35348-description)
Propriétés nutritionnelles & médicinales
Information à visée pédagogique. Ne remplace pas un avis médical. Les effets dépendent de la forme, de la dose et du contexte personnel.
Dans la cuisine & l'herboristerie
Où retrouver millepertuis en préparation : recettes et tisanes traditionnelles.
Infusions & tisanes
Espèces & variétés
Les espèces et variétés les plus connues en France.
Espèces
Paroles de peuples
Paraphrases attribuées à leurs sources documentées. Jamais de citation inventée.
Médecine gréco-romaine, Dioscoride (Pedanius Dioscorides) · Méditerranée orientale hellénophone, Ier siècle de notre ère (De Materia Medica, livre III, vers 77 apr. J.-C.)
Dioscoride, médecin grec au service de l'armée romaine, décrit plusieurs espèces d'Hypericum qu'il distingue sous les noms d'hyperikon, askyron, androsaimon et koris. Il les recommande surtout, paraphrasé de son texte, pour la douleur de la hanche (traditionnellement lue comme sciatique), bue avec de l'hydromel, et en application sur les brûlures. C'est l'usage médicinal, soin des brûlures, qui traverse les siècles jusqu'au macérat huileux d'aujourd'hui, et non l'usage magique.
Pedanius Dioscoride, De Materia Medica, livre III (Ier s. apr. J.-C.) ; Wikipédia, article « Hypericum perforatum » ; blog du Metropolitan Museum of Art / The Cloisters (2009).
Dioscoride décrit des propriétés strictement médicinales, sans dimension magique. L'identification exacte de ses espèces reste discutée par les historiens de la botanique. Rien de sacré ici.
Folklore de la Saint-Jean, Europe chrétienne médiévale · Europe occidentale, Moyen Âge et époque moderne (solstice d'été / 24 juin)
Dans le folklore chrétien de la Saint-Jean, le millepertuis est l'« herbe de la Saint-Jean » : on cueille ses sommités fleuries autour du 24 juin, nativité de saint Jean-Baptiste, moment où on croyait ses vertus décuplées. On en suspendait aux portes des maisons et des étables pour éloigner les mauvais esprits et protéger gens et bêtes, et on le brûlait dans les feux de la Saint-Jean pour protéger les récoltes. Le suc rouge violacé libéré par ses boutons écrasés était rapproché du sang de Jean-Baptiste décapité. De cet usage apotropaïque vient son surnom latin fuga daemonum (« fuis, démon »), à l'origine du français « chasse-diable ».
Blog du Metropolitan Museum of Art / The Cloisters, « Midsomer Magick: Hypericum perforatum » (2009), citant l'herbier médiéval Hortus Sanitatis ; Wikipédia, article « Hypericum perforatum » (poème anglais The Feate of Gardening, nom médiéval « herbe Ion »).
Il s'agit d'un folklore populaire, signalé comme tel : la protection contre les « démons » n'est pas un fait vérifié mais une croyance documentée. À l'époque médiévale, ce « démon » recouvrait aussi les états mélancoliques, ce qui fait écho, sans le prouver rétrospectivement, à l'usage moderne étudié dans la dépression légère. Tradition religieuse chrétienne, non secrète.
À garder en tête
Interactions médicamenteuses MAJEURES : pilule contraceptive (risque d'inefficacité), antidépresseurs, anticoagulants, immunosuppresseurs, certains traitements cardiaques… Ne jamais associer à un médicament sans avis médical. Photosensibilisant (éviter le soleil intense pendant la cure). Un état dépressif nécessite un suivi médical.
Précision scientifique : beaucoup d'associations relèvent du folklore jardinier ; cette nuance résume ce qu'en disent les sources, quand elles existent.
Avant de cueillir
Cette plante se cueille souvent dans la nature. Ne prélève que ce qui abonde, jamais une espèce protégée, et n'arrache jamais une plante entière (racines) sans l'accord du propriétaire du terrain. Les règles varient selon les pays et les régions, renseigne-toi localement.
À retenir
- • Préfère une exposition plein soleil.
- • Sol idéal : sec, pauvre, drainé.