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Adventice

Une plante qui pousse spontanément là où on ne l'a pas semée, un mot neutre, préféré à « mauvaise herbe ».

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Explication

« Adventice » vient du latin adventicius, « qui vient du dehors ». Les agronomes l'ont adopté dès la fin du XVIIIᵉ siècle pour remplacer « mauvaise herbe », jugé trop chargé de jugement : une même plante peut être gênante, neutre ou utile selon le contexte. En permaculture, on regarde d'abord ce qu'une adventice raconte du sol et ce qu'elle peut rendre, avant de décider de l'arracher. Sources : INRAE, « Les Mots de l'agronomie » ; Tela Botanica.

Définition affinée

Deux sens coexistent. Le sens écologique et neutre (celui des agronomes) : une plante qui croît spontanément dans un milieu modifié par l'homme, sans y avoir été semée. Le sens malherbologique : une plante indésirable pour la culture en place, la « mauvaise herbe ». Le premier décrit, le second juge. La distinction compte au jardin : une adventice n'est un problème que lorsqu'elle concurrence réellement la culture pour la lumière, l'eau ou les nutriments, le reste du temps, elle couvre et protège un sol qui, sinon, resterait nu.

Points clés

  • Ce qu'elle dit du sol : les plantes bio-indicatrices

    Certaines adventices renseignent sur l'état du sol : l'ortie signale un sol riche en azote, le rumex et le plantain des sols tassés, la prêle des sols humides et compactés. C'est l'approche des « plantes bio-indicatrices » de Gérard Ducerf (L'Encyclopédie des plantes bio-indicatrices, éd. Promonature). À prendre comme un indice, pas comme un diagnostic certain : lire un cortège de plantes est bien plus fiable qu'une seule espèce.

  • Ce qu'elle rend au jardin

    Une adventice couvre le sol nu (contre l'érosion et le dessèchement), nourrit pollinisateurs et auxiliaires quand elle fleurit. Beaucoup sont comestibles ou médicinales, pissenlit, ortie, plantain, mouron (voir les travaux de François Couplan). Fauchée avant de monter en graine, elle devient un mulch sur place.

  • La gérer sans lutter sans fin

    Le sol a horreur du vide : à chaque espace nu, des adventices reviennent. Plutôt que de désherber sans relâche, on occupe la place, mulch épais, couvre-sol, engrais verts, occultation par bâche opaque. On intervient surtout là où la concurrence est réelle (jeunes semis, cultures gourmandes) et on laisse faire ailleurs.

À surveiller

  • • « Bio-indicatrice » n'est pas une science exacte : croiser plusieurs plantes et l'observation du terrain, ne jamais conclure sur une seule espèce.
  • • Quelques adventices demandent une vraie vigilance : l'ambroisie (Ambrosia artemisiifolia), très allergisante, s'arrache avant floraison ; d'autres sont classées envahissantes selon les régions.

Exemples

  • • Ortie → sol riche en azote (et comestible, et hôte de papillons)
  • • Rumex, plantain → sol tassé
  • • Prêle → sol humide et compacté
  • • Trèfle, vesce → couvre-sol spontané qui fixe l'azote

Sources

  • INRAE : Les Mots de l'agronomie, entrées « Adventice » et « Mauvaise herbe » (mots-agronomie.inrae.fr)
  • Tela Botanica, réseau des botanistes francophones (tela-botanica.org)