Dans le parcours : Attirer les pollinisateurs
Mellifère
Se dit d'une plante dont les fleurs nourrissent abeilles et pollinisateurs, en nectar, en pollen, ou les deux.

Une plante mellifère (ici la bourrache) offre nectar et pollen en abondance : elle attire abeilles et pollinisateurs au jardin.
Photo : Cuminox · CC BY-SA 4.0 · source
Explication
Du latin mel (miel) et ferre (porter). Au sens strict, une plante mellifère fournit le nectar que les abeilles transforment en miel ; dans l'usage courant, le mot désigne plus largement toute fleur qui nourrit les butineurs. Une plante ne « fabrique » pas de miel : elle offre du nectar (sucre) et du pollen (protéines), que les abeilles récoltent. Sources : ITSAP-Institut de l'abeille ; Tela Botanica (flore mellifère).
Définition affinée
On distingue en réalité trois nuances. Nectarifère : la plante produit du nectar, la matière première du miel. Pollinifère : elle produit un pollen abondant, la nourriture protéinée du couvain, avec ou sans nectar. Mellifère : terme générique qui recouvre les deux et qualifie l'intérêt d'une fleur pour l'abeille domestique. En permaculture, on élargit encore le regard : ce qui compte, c'est de nourrir TOUS les pollinisateurs, abeilles sauvages, bourdons, syrphes, papillons, de la fin de l'hiver à l'automne, sans trou de floraison.
Points clés
Nectar, pollen, ou les deux
Certaines fleurs offrent surtout du nectar (lavande, thym, tilleul), d'autres surtout du pollen (noisetier, saule au tout début du printemps), beaucoup les deux (phacélie, bourrache, trèfle). Le saule et le noisetier fleurissent dès février-mars, quand presque rien d'autre ne fleurit et que les colonies redémarrent ; le noisetier, pollinisé par le vent, offre surtout du pollen, que les abeilles domestiques viennent récolter (Hicks, 2022).
Composer un calendrier de floraison continu
L'intérêt permacole n'est pas d'avoir UNE plante mellifère, mais une succession : noisetier et saule (fin d'hiver), fruitiers et pissenlit (printemps), bourrache, phacélie, lavande (été), lierre et achillée (automne). Un jardin qui fleurit de février à novembre soutient les pollinisateurs sur toute leur saison d'activité.
Toutes les « belles fleurs » ne nourrissent pas
Beaucoup de fleurs horticoles à pétales doubles (certaines roses, dahlias pompon) sont quasi stériles ou rendent le nectar inaccessible : jolies, mais vides pour l'abeille. On privilégie les fleurs simples, les espèces locales et rustiques, et on évite tout traitement insecticide sur une plante en fleur.
À surveiller
- • « Mellifère » désigne surtout l'intérêt pour l'abeille domestique : une bonne mellifère n'est pas toujours utile aux abeilles sauvages, souvent spécialisées sur certaines fleurs. Diversifier reste la meilleure stratégie.
- • Une plante mellifère traitée avec un insecticide (même « naturel ») devient un piège : ne jamais traiter une plante en fleur visitée par les butineurs.
Exemples
- • Très nectarifères : lavande, thym, tilleul, phacélie
- • Pollen précoce : noisetier, saule (février-mars)
- • Nectar + pollen : bourrache, trèfle, achillée
- • Automne : le lierre, ressource clé avant l'hiver
Sources
- Hicks, D. (2022). Biological Flora of Britain and Ireland: Corylus avellana. Journal of Ecology, 110(12), 3053-3089.
- ITSAP-Institut de l'abeille (itsap.asso.fr)
- Tela Botanica, réseau des botanistes francophones (tela-botanica.org)