Punaise diabolique
Halyomorpha halys
Rôle au jardin
Punaise polyphage venue d'Asie, détectée en Europe en 2004 et en France à partir de 2012. Elle pique surtout les fleurs et les fruits : marques et déformations, zones liégeuses et chair tachée de brun à mesure que le fruit grossit, boutons floraux avortés ou jeunes fruits tombés, même quand elle est peu nombreuse. En France, les premiers dégâts datent de 2018, dans les vergers de kiwis du Sud-Ouest, puis de 2019 en Savoie ; ils touchent tout le Sud-Est depuis 2020. À l'automne, les adultes envahissent parfois les maisons pour hiverner ; ils sont inoffensifs pour l'homme et les animaux.
Période d'activité
D'avril, à la sortie de l'hiver, à l'automne ; pontes en juin et en août, une à deux générations par an en Europe
Comment l'attirer / le gérer
Filets anti-insectes sur les fruitiers et les cultures sensibles ; pièges à phéromones pour la surveiller ; lutte biologique par des parasitoïdes des œufs à l'étude à l'INRAE.
Fiche pratique
Où on les trouve
Sur les fleurs et les fruits : pêcher, pommier, poirier, noisetier, kiwi, vigne, petits fruits, légumes et maïs ; œufs blanchâtres pondus en plaques sur les feuilles ; à l'automne, sur les façades et dans les maisons, où les adultes cherchent un abri sec pour hiverner.
Prévention
Protéger les fruitiers et les cultures sensibles par un filet anti-insectes, piste étudiée en verger par l'INRAE ; signaler ses observations à l'INRAE avec l'application Agiir, qui suit la progression de l'invasion.
Signes précoces
Marques et déformations sur les fruits, zones liégeuses et chair tachée de brun ; boutons floraux avortés, jeunes fruits tombés. Larves à tête rectangulaire, hérissées d'épines sur les côtés, aux antennes noires tachées de blanc ; adultes brun grisâtre de 12 à 17 mm, aux antennes foncées annelées de clair et aux bords de l'abdomen alternant le blanc et le noir ; odeur qui rappelle la coriandre.
Action / lutte
Filet anti-insectes sur les fruitiers et les cultures sensibles, piste étudiée en verger. La lutte biologique par des micro-guêpes parasitoïdes des œufs (Anastatus bifasciatus, présent en France, et plusieurs espèces de Trissolcus) est à l'étude à l'INRAE. Les pièges à phéromones servent à surveiller sa présence (INRAE, RHS).
Sources
- INRAE, Ephytia : Agiir, « Punaise diabolique », « Connaître son cycle » et « Reconnaître la punaise diabolique »
- RHS (Royal Horticultural Society) : Brown marmorated stink bug (rhs.org.uk/biodiversity/brown-marmorated-stink-bug)
- EPPO Global Database : Halyomorpha halys, plantes hôtes (gd.eppo.int/taxon/HALYHA/hosts)
Plantes favorites / ressources
Fiches plantes associées
Tomate
Plante centrale de la guilde de la tomate. Le basilic voisin est réputé gêner les pucerons par ses composés volatils.
Haricot
Légumineuse fixatrice d'azote : en symbiose avec les bactéries Rhizobium logées dans ses nodosités racinaires, il fixe l'azote de l'air, d'abord pour lui-même ; une part revient au sol quand ses racines et ses fanes se décomposent, surtout au profit des cultures suivantes. C'est l'une des Trois Sœurs, où le maïs lui offre sa tige comme tuteur et la courge couvre le sol à ses pieds. Les variétés grimpantes occupent la strate verticale, les naines la strate basse, deux manières d'habiter la planche. Ses fleurs nourrissent abeilles et bourdons, et en fin de saison, couper les pieds au collet et laisser racines et fanes sur place rend au sol une part de l'azote ; celui des graines part avec la récolte. Placé avant les légumes gourmands, il ouvre volontiers une rotation.
Maïs
Tuteur vivant des Trois Sœurs, le maïs dresse la strate verticale sous laquelle s'organise l'association : sa tige robuste porte le haricot grimpant, qui fixe l'azote et en restitue une part au sol pour les cultures suivantes, pendant que la courge étale au sol un paillage vivant limitant l'évaporation et les adventices. Grosse consommatrice d'eau et de fertilité, la plante réclame un sol riche et profond, qu'une rotation avec des légumineuses aide à préparer. Sa pollinisation étant portée par le vent, on la cultive en bloc serré plutôt qu'en ligne, pour que chaque épi soit bien fécondé. Sa haute silhouette peut aussi servir de brise-vent ou d'ombrage léger pour des cultures plus basses et sensibles à la chaleur.
Poivron
Solanacée légume-fruit gourmande en chaleur comme en fertilité : elle demande un sol riche et une planche bien exposée, aux côtés des cultures d'été. Le basilic, compagnon classique de la tomate comme du poivron, est réputé éloigner certains ravageurs par ses composés aromatiques, tandis que l'œillet d'Inde, en culture dédiée et dense, réduit les nématodes du sol (voir sa fiche) et attire les auxiliaires. Ses fleurs sont visitées par les abeilles et par les syrphes, dont les larves dévorent les pucerons. Comme toute solanacée, on l'inscrit dans une rotation qui évite de la faire suivre tomate ou pomme de terre, pour ne pas concentrer dans le sol les maladies communes à la famille (verticilliose, par exemple). On la tient enfin à l'écart du fenouil, réputé gêner ses voisines.